Former les professionnel.les de santé aux mutilations génitales féminines (MGF) : étude qualitative d’évaluation de l’impact social de la formation FAM

Introduction : Les mutilations génitales féminines (MGF) englobent l’ablation totale ou partielle des organes génitaux externes de la femme, pratiquée sans motifs médicaux. Principalement répandues en Afrique subsaharienne, les MGF sont également présentes en Europe en raison des migrations. Bien que les professionnel.les de santé français.es se déclarent conserné.es, iels estiment manquer de connaissances d’aisance et d’outils pratiques en consultation pour aborder le sujet.

But de l’étude : Face à ce constat, une formation a été proposée aux professionnel.les de santé entre 2019 et 2023. Au total, 150 professionnel.les ont été formé.es sur cette période. Une méthode qualitative d’évaluation de l’impact social de la formation a été réalisée dans l’objectif d’identifier les effets et transformations concrètes des pratiques des professionnel.les formé.es, comparativement aux non formé.es. La méthodologie évaluative repose sur quatre temps d’observation de sessions de formation, quinze entretiens qualitatifs semi-directifs individuels (dont huit auprès de professionnel.les formé.es et sept non formé.es) et cinq temps d’observation de consultations entre des professionnel.les formé.es et non formé.es et leurs patientes.

Résultats : L’évaluation met en évidence quatre grands ensembles de résultats : la formation contribue d’une part à renforcer les connaissances théoriques et pratiques des professionnel.les sur les MGF et d’autre part à faire évoluer les postures des professionnel.les en consultation.

Conclusions :  L’accompagnement pluridisciplinaire des femmes ayant subi une mutilation est par ailleurs facilité. Néanmoins, d’autres effets de la formation sur le volet préventif, tels que l’apprentissage des procédures de signalement auprès du procureur de la République, ne semblent pas immédiatement intégrés à leurs pratiques.